Rosen Koev

La découverte

Tout a commencé à mon 7ème anniversaire.

Suite à mes nombreuses demandes mon père m’a offert une Smena 8m. Merveilleuse petite camera assez facile d’utilisation et qui allait m’aider à poser en douceur mes bases en photographie : obturation,diaphragme et sensibilité du film. Cette surprenante petite boîte à images m’aida à créer mes premières photos de mes amis, ma famille et le petit coin de monde autour de moi. Avec elle j’ai fait mes premiers portraits et paysages ainsi que mes premières sessions photos où pour impressionner les filles je faisais le pro et je donnais des indications sur la posture, l’attitude et la garde-robe de mes modèles comme le font les photographes célèbres.

La réalisation

A 15 ans je me sentais déjà depuis longtemps très limité par ma petite Smena8 et je me suis acheté au marché aux puces « un vrai » slr pro – le Zenit 19 ansi que mon premier objectif le Zenitar M 50mm f1.7. Je réalisais que j’aimais vraiment la photo et cet appareil ne m’a plus quitté pendant les prochaines années. 

Je devenais le photographe attitré de ma grande bande d’amis du lycée et je documentais avec plaisir nos petites péripéties. J’ai reçu aussi mes plusieurs petits « boulots » (non payés évidemment) que j’exécutais avec sérieux et application (j’étais un pro après tout). Bientôt vint un cadeau inattendu de mon père qui s’était procuré une Fed 5 qui était une copie de Leica et devint ma première caméra télémétrique.

Un vrai pro

A 22 ans j’arrivais en France pour rejoindre ma copine et continuer mes études. C’était un nouveau monde, mais après une courte adaptation j’ai loué mon premier appart et je me suis mis à travailler à mi-temps.

Je découvris Ebay et avec l’argent de mes petits boulots je me suis offert une caméra vidéo Beta SP THOMSON TTV3505 et pour mes élans artistiques une caméra super8 mm Canon 514 XL-S. C’était mes débuts dans l’image en mouvement. Bientôt vint aussi une Mamiya-c330 6×6 acheté d’occasion dans un magasin photo. J’allais enfin être un vrai pro et faire de la photo moyen format et de la vidéo de haute volée. J’ai ainsi commencé mes premiers boulots payés dans la photo et la vidéo.

It’ s a digital world

Le monde changeait rapidement autour de nous. Sans nous rendre compte on s’est tous réveillé un jour dans le monde digital. Il n’y avait que ce mot partout.  Et même si les caméras avaient toujours des cassettes à bandes magnétiques il y avait dessus ce fameux mots qui allait tout changer  « DIGITAL ».

Je me devais de suivre la mouvance et j’abandonnai la Beta SP pour une caméra mini dv – SONY DCR-VX1000. Je travaillais déjà dans le spectacle et le théâtre puis j’ai découvert le monde de l’installation artistique multimédia. J’ai adoré les challenges de l’interactivité et la projection multi-écrans. C’était jouissif de voir enfin son travail projeté en grand devant le public.

C’est aussi à cette période que j’ai découvert le cinéma. Un ami qui finissait ses études me demanda de l’aider pour réaliser son film de diplôme. Il s’était égaré dans l’écriture d’un récit personnel et avait fini par écrire un long métrage. Evidemment il n’y avait pas de budget, mais il avait une mini DV pro et avec la mienne ça faisait 2. On a acheté quelques halogènes de peinture qui étaient très puissant et brûlaient nos gels et diffuseurs en minutes. 

Mais la plus grosse difficulté était le son. On n’a pas pu trouver d’ingé son et j’ai décidé de m’en occuper. Je me suis acheté de B&H New York un enregistreur son digital le Tascam hd-p2 et un microphone Sennheiser MKH 418-S.

La découverte du son dans le cinéma était pour moi une vraie révélation. De l’enregistrement des dialogues aux mixage final et la post production je me suis découvert une vraie passion. Pendant les années qui ont suivi j’ai travaillé sur nombre de tournages au cinéma comme en communication et promotion aussi bien en image qu’au son. Tout au long j’ai aussi appris à monter, mixer, étalonner et exporter mes créations et ceux des autres – d’abord sur Adobe Première Pro et Audition et puis sur Da Vinci Resolve.

The Social Network

Durant la dernière décennie nos vies et sociétés ont été totalement transformées par l’arrivée d’un événement déterminent – les réseaux sociaux. 

Pour nous les professionnels de l’image le changement a été radical.  Exit les media traditionnels (tv, radio presse affichage) et bienvenue la Silicon Valley. 

Bienvenu tweets, mimes, challenges, youtubeurs, stories, statistiques et marketing profiling. On a dû tous s’adapter à nouveau et réapprendre notre façon de communiquer et travailler. Armé d’une BMPCC4K (on adore les abréviations maintenant) je me suis lancé corps et âme dans le streaming et la communication Facebook, Insta, Tiktok, Twitch etc.  

On aime notre métier parce qu’on n’arrête jamais d’apprendre, mais là pour la première fois j’apprends de mes propres enfants, neveux et nièces. Une véritable petite équipe de savants nés qui communiquent comme ils respirent et qui traduisent pour moi et mes clients tous les trends, challenges et autres aléas des réseaux sociaux. Je les écoute, je les regarde et je ne peux que me réjouir de l’idée de travailler avec ceux que j’aime le plus!